La forêt anglaise ne couvre qu’environ 10 % du territoire, contre 32 % en France : une différence qui m’inquiétait un peu avant mon installation de ce côté-ci de la Manche.
Je viens du nord-est de la France et du Rhin supérieur, une région où les forêts ont toujours fait partie du paysage. Dans mon enfance, une promenade à pied ou à vélo sous les hêtres, les chênes ou les sapins n’avait rien d’exceptionnel. Ce n’était pas une excursion qu’il fallait soigneusement organiser : c’était simplement une chose normale.
Les Vosges, la Forêt-Noire et les grands massifs boisés du sud de l’Allemagne ou de Bourgogne n’étaient jamais très loin. Même autour des villes et des villages, la forêt formait souvent une présence familière à l’horizon.
Avant de m’installer en Angleterre, je savais que les îles Britanniques étaient relativement peu boisées. J’imaginais un pays de prairies vertes, de haies, de moutons et de collines ondulantes — ce qui n’est pas tout à fait faux — mais je me demandais si les grandes promenades en forêt allaient me manquer.
Heureusement, la réalité s’est révélée beaucoup plus nuancée.
Dans le Sud-Est de l’Angleterre, notamment dans certaines parties du Sussex, du Surrey et du Hampshire, les bois sont parfois étonnamment nombreux. Nous avons découvert de très beaux endroits où marcher sous les arbres, entre les chênes, les hêtres, les houx et les fougères.
Il faut seulement s’habituer à une petite particularité locale : une promenade dans une forêt anglaise comporte généralement un peu plus de boue qu’en France.

Dans la forêt anglaise dans le High Weald © French Moments
La forêt anglaise couvre-t-elle vraiment si peu de territoire ?
Les chiffres confirment l’impression générale : l’Angleterre n’est pas un pays très forestier.
Selon les statistiques définitives de Forest Research, elle comptait environ 1,35 million d’hectares de bois et de forêts en 2025, soit un peu plus de 10 % de son territoire.
Les données provisoires publiées en juin 2026 n’indiquent pas de changement significatif : la couverture forestière anglaise reste voisine de 10 %.
À titre de comparaison, la couverture boisée atteint environ :
- 20 % en Écosse ;
- 15 % au pays de Galles ;
- 10 % en Angleterre ;
- 9 % en Irlande du Nord.
À l’échelle du Royaume-Uni, les forêts et les bois occupent environ 3,3 millions d’hectares, soit 14 % du territoire.

Ruisseau dans la forêt © French Moments
Le Woodland
Les statistiques britanniques utilisent surtout le terme woodland. Il désigne une surface d’au moins 0,5 hectare occupée par des arbres dont le couvert atteint, ou pourrait atteindre, au moins 20 %. Les clairières intégrées au massif et les parcelles récemment coupées dans l’attente d’une replantation peuvent également être comptabilisées.
Voilà pourquoi une petite bande d’arbres au fond d’un champ ou quelques chênes le long d’une route ne sont pas nécessairement considérés comme une forêt.
Cela ne signifie pas pour autant qu’ils n’ont aucune importance dans le paysage anglais, notamment le bocage. Les haies, les bosquets, les arbres isolés et les petits bois forment souvent un réseau végétal très dense. Ils ne figurent pas tous dans les statistiques forestières, mais ils contribuent fortement à l’impression de verdure.

Le bocage anglais dans le Kent © French Moments
La forêt anglaise face à la forêt française : le grand écart
Lorsqu’on traverse la Manche, le contraste est saisissant.
En France hexagonale et en Corse, la forêt couvre désormais 17,6 millions d’hectares, soit environ 32 % du territoire. Après l’agriculture, elle constitue la principale occupation des sols.
La France possède ainsi environ treize fois plus de surfaces forestières que l’Angleterre. Certes, le territoire français est beaucoup plus vaste, mais la proportion reste parlante : près d’un tiers du territoire français est boisé, contre seulement un dixième du territoire anglais.
Autrement dit, à superficie égale, la France compte un peu plus de trois fois plus de forêt.

Cônes © French Moments
Une forêt française trois fois plus présente dans le paysage
Cette différence explique probablement une partie de mon appréhension avant de venir vivre en Angleterre.
Dans de nombreuses régions françaises, les grands massifs forestiers structurent le paysage. C’est particulièrement évident dans les Vosges, le Jura, les Ardennes, le Massif central, les Landes, les Alpes et une partie du bassin parisien.

Un peu de mystère dans la forêt anglaise © French Moments
La forêt française est également en expansion. Elle ne couvrait qu’environ 10 millions d’hectares il y a un siècle, contre 17,6 millions aujourd’hui. Sa superficie continue d’augmenter à un rythme moyen estimé à 90 000 hectares par an, notamment sous l’effet de la déprise agricole et de la colonisation naturelle de certaines terres abandonnées.
Cette progression ne signifie pas que tout va bien dans les forêts françaises. La mortalité des arbres a fortement augmenté au cours de la dernière décennie, sous l’effet des sécheresses, des fortes chaleurs, des maladies et des parasites. Une forêt peut gagner du terrain tout en devenant plus fragile.
Mais pour quelqu’un ayant grandi dans l’est de la France, le contraste avec l’Angleterre reste réel.

Cônes © French Moments
Comment la forêt anglaise a presque disparu
L’Angleterre n’a pas toujours été aussi peu boisée.
Les estimations publiées par Forest Research suggèrent que les bois couvraient environ 15 % du territoire anglais en 1086, à l’époque du Domesday Book.
Cette proportion serait tombée à 10 % vers 1350, puis à 8 % au XVIIe siècle. En 1905, elle n’était plus que de 5,2 %.

Digitales dans la forêt de pins © French Moments
Ces chiffres anciens restent des estimations, mais la tendance générale ne fait aucun doute.
Pendant des siècles, les forêts ont été défrichées pour gagner des terres agricoles, construire des maisons, chauffer les foyers et alimenter les industries. Le bois était partout : dans les bâtiments, les meubles, les outils, les clôtures, les charrettes, les mines et les navires.
La construction navale a souvent été présentée comme l’une des grandes responsables de la disparition des forêts anglaises. La réalité est plus complexe, car les défrichements agricoles avaient commencé bien avant l’expansion de la Royal Navy.
Mais les besoins de la marine, de l’industrie et des villes ont incontestablement exercé une pression supplémentaire sur les réserves de bois.
Dans certaines régions, le charbon a progressivement remplacé le bois comme source d’énergie. Cela n’a pourtant pas suffi à reconstituer les massifs forestiers : les terres défrichées étaient devenues des champs, des pâturages ou des espaces urbanisés.

Bedgebury Pinetum © French Moments
La forêt anglaise au secours de l’effort de guerre
La Première Guerre mondiale a révélé la vulnérabilité du pays.
La Grande-Bretagne dépendait fortement des importations de bois. Lorsque les échanges maritimes furent perturbés, le gouvernement comprit qu’un pays disposant de si peu de forêts pouvait rapidement manquer d’une ressource indispensable.
À la fin de la guerre, la couverture forestière britannique était tombée autour de 5 %, son niveau le plus bas. La Forestry Commission fut donc créée en 1919 afin de constituer des réserves nationales de bois et de développer une véritable industrie forestière. Les premiers arbres furent plantés dès décembre de la même année à Eggesford, dans le Devon.

Le parc forestier de Stansted © French Moments
Les objectifs étaient alors très différents de ceux que l’on associe aujourd’hui à la reforestation. Il ne s’agissait pas d’abord de créer de beaux paysages, de favoriser la biodiversité ou d’offrir des promenades dominicales.
Il fallait produire du bois, et si possible rapidement.
De grandes plantations de conifères apparurent donc dans plusieurs régions. Les arbres étaient souvent plantés en rangs serrés, selon une logique plus proche de l’exploitation agricole que de la forêt naturelle.

Fougères à l'automne dans une forêt de pins © French Moments
En 1956, la Forestry Commission célébra son millionième acre planté. La reine Élisabeth II et le duc d’Édimbourg plantèrent chacun un arbre à Eggesford, à l’endroit même où l’aventure avait commencé trente-sept ans plus tôt.
Depuis, les priorités ont évolué. La production de bois reste importante, mais la gestion forestière prend désormais davantage en considération les paysages, les loisirs, la biodiversité et la résistance au changement climatique.
Aujourd’hui, environ 77 % des surfaces boisées anglaises sont constituées de feuillus et 23 % de conifères. La situation est très différente en Écosse, où les conifères restent largement majoritaires.

Forêt anglaise dans le High Weald © French Moments
La forêt anglaise n’est pas toujours une forêt : le piège du mot forest
Une autre différence entre la France et l’Angleterre se cache dans le vocabulaire.
En français moderne, une forêt est généralement une vaste étendue couverte d’arbres. En Angleterre, le mot forest possède aussi un sens historique et juridique.
Au Moyen Âge, une forest était avant tout un territoire soumis au droit forestier et réservé à la chasse royale. Elle pouvait contenir des bois, bien sûr, mais également des landes, des prairies, des marécages, des villages et des terres cultivées.
Ce n’était donc pas la présence des arbres qui définissait la forêt, mais son statut.
On pouvait ainsi se trouver dans une forest anglaise tout en marchant au milieu d’une vaste lande sans voir beaucoup d’arbres. Le mot désignait le territoire du gibier et du roi, pas nécessairement une canopée continue.

Dans la forêt anglaise de Brede High Woods (East Sussex) © French Moments
La New Forest, une forêt royale depuis 1079
La New Forest, dans le Hampshire, en est probablement le meilleur exemple.
Guillaume le Conquérant établit ce territoire comme domaine de chasse royal vers 1079. Son nom vient de l’expression latine nova foresta, que l’on pourrait traduire ici par « nouveau territoire de chasse ».

La New Forest en automne © French Moments
Plus de neuf siècles plus tard, la New Forest présente toujours une mosaïque de bois anciens, de landes, de prairies, de marais et de villages. Elle ressemble beaucoup moins à une forêt continue qu’à un paysage façonné par une longue coexistence entre les hommes, les animaux et la végétation.
Ses célèbres poneys ajoutent encore à son caractère particulier. On les décrit souvent comme des animaux sauvages, mais chacun appartient en réalité à un commoner, un habitant disposant de droits traditionnels de pâturage.
Ces droits ne sont pas attachés à une personne, mais à certaines propriétés situées dans ou autour de la New Forest. Ils peuvent donc être transmis avec la maison ou le terrain.

La New Forest en automne © French Moments
Les poneys circulent librement, traversent les routes et broutent jusque devant les maisons. Pour le visiteur, la scène paraît presque médiévale. Pour les habitants, elle suppose surtout de conduire prudemment et de ne jamais laisser son déjeuner sans surveillance.
La forêt anglaise du Sud-Est : ma bonne surprise
Les moyennes nationales donnent une image juste du pays, mais elles ne racontent pas toute l’histoire.
La répartition des forêts est très inégale. Certaines régions anglaises sont presque dépourvues de grands bois, tandis que d’autres présentent un paysage beaucoup plus forestier.
C’est ce que j’ai découvert dans le Sud-Est.
En quittant les grandes routes et les zones urbanisées, on trouve encore de nombreux chemins bordés de haies, des vallons couverts de chênes, des sous-bois de houx et de noisetiers, ainsi que de petites forêts dissimulées derrière les champs.

Bocage anglais près de Burwash © French Moments
Ces bois ne forment pas toujours de grands massifs continus comme dans les Vosges ou en Forêt-Noire. Ils apparaissent plutôt sous la forme d’une mosaïque. On traverse un bois, puis une prairie, une ferme isolée, une ancienne haie et un autre bois.
Cette alternance donne au paysage une personnalité très anglaise.
Le High Weald, un visage inattendu de la forêt anglaise
Le High Weald, entre le Kent, le Sussex et le Surrey, est considéré comme la partie la plus boisée d’Angleterre. Les forêts et les bois y couvrent près de 28 % du territoire, presque trois fois la moyenne anglaise.
Ce chiffre m’a particulièrement intéressé.
Avec 28 % de surfaces boisées, le High Weald se rapproche finalement assez nettement de la moyenne française, qui s’établit à 32 %. Lorsque je m’y promène, mon impression personnelle n’est donc pas trompeuse : je me trouve réellement dans une région beaucoup plus forestière que le reste de l’Angleterre.
Le paysage se compose de petits champs irréguliers, de fermes anciennes, de haies, de mares, de chemins creux et de bois souvent très anciens. Le terrain est vallonné, parfois encaissé, et les routes secondaires suivent des tracés qui semblent ne devoir absolument rien à la géométrie.
C’est un paysage qui se découvre lentement.
À pied, on passe sous des chênes noueux, le long de talus couverts de fougères, puis dans des chemins si profondément creusés qu’ils paraissent avoir été taillés dans le sol.

Le High Weald dans les environs de Burwash © French Moments
Au printemps, certains bois se couvrent de jacinthes sauvages, les fameuses bluebells.
En automne, les feuilles humides collent aux chaussures.
En hiver, la boue reprend ses droits avec une efficacité remarquable.
Je retrouve là quelque chose de familier, mais pas tout à fait la forêt de mon enfance.
Dans l’est de la France, la forêt peut donner l’impression d’un monde à part, séparé du village et des terres agricoles. Dans le High Weald, elle est davantage mêlée au reste du paysage. Elle entre dans les champs, longe les chemins et entoure les vieilles fermes.

Angleterre en automne - Burwash © French Moments
Ashdown Forest, Henry VIII et Winnie l’Ourson
Ashdown Forest constitue l’un des lieux les plus connus du High Weald.
Là encore, son nom peut induire en erreur. Une grande partie d’Ashdown Forest se compose de landes, de bruyères, d’ajoncs et d’espaces ouverts, et non d’une forêt dense.
Au Moyen Âge, le territoire formait un domaine de chasse royal entouré d’une clôture d’environ 23 miles, soit quelque 37 kilomètres. Le roi Henri VIII y venait chasser depuis son pavillon de King’s Standing. Selon certaines traditions locales, il aurait même fréquenté les lieux en compagnie d’Anne Boleyn.
Mais Ashdown Forest est surtout connue pour avoir inspiré le Bois des Cent Acres de Winnie l’Ourson.
A. A. Milne vivait à proximité avec son fils Christopher Robin. Leurs promenades dans la lande et les bois fournirent le décor des histoires publiées à partir de 1926. Plusieurs lieux évoqués dans les livres peuvent encore être rapprochés de sites réels, dont le célèbre pont associé au jeu de Poohsticks.

Winnie l'Ourson - Illustration d'Ernest Howard Shepard tirée de Winnie l'ourson (1926), de A.A. Milne. Domaine Public
En 2026, Ashdown Forest célèbre d’ailleurs le centenaire de la publication des premières aventures de Winnie l’Ourson.
Voilà donc un territoire qui fut successivement un domaine de chasse royal, le terrain de jeu d’un roi Tudor et le pays imaginaire d’un ours amateur de miel. Peu de forêts peuvent présenter un CV aussi varié.
Les ancient woodlands, mémoire de la forêt anglaise
On l'a déjà dit, en Angleterre, l’expression ancient woodland possède une définition précise.
Elle désigne une zone restée continuellement boisée depuis au moins 1600. Cela ne signifie pas que tous les arbres qui s’y trouvent ont quatre cents ans. Les arbres ont pu être coupés, repousser, être exploités en taillis ou même être remplacés par d’autres essences.
Ce qui compte, c’est la continuité de l’usage forestier du sol.

Forêt anglaise du High Weald en automne © French Moments
Un bois ancien conserve des éléments qui mettent des siècles à se former : des sols peu perturbés, des champignons, des plantes, des micro-organismes et des relations complexes entre les espèces.
C’est pourquoi le gouvernement anglais les considère comme des habitats irremplaçables.
Certains ont été replantés avec des conifères au XXe siècle. En surface, ils peuvent alors ressembler à une plantation relativement récente. Pourtant, sous les arbres subsistent parfois les sols, les graines, les champignons et les traces écologiques du bois originel.

Mystérieuse forêt anglaise au Queen Elizabeth Country Park © French Moments
À l’échelle du Royaume-Uni, les bois anciens ne couvrent plus qu’environ 2,5 % du territoire.
Le High Weald en possède une concentration exceptionnelle. Cela explique la présence de nombreux petits bois irréguliers plutôt que de quelques grandes plantations modernes.
Ce patrimoine n’est pas toujours spectaculaire au premier regard. Un petit bois au bord d’un champ peut paraître tout à fait ordinaire. Pourtant, son sol est peut-être resté boisé depuis l’époque où Shakespeare écrivait ses premières pièces.
C’est l’une des choses que j’apprécie dans les paysages anglais : leur histoire est souvent discrète. Elle ne se présente pas toujours sous la forme d’un château ou d’une cathédrale. Elle peut se cacher dans une haie, un chemin creux ou un tapis de jacinthes.

Forêt anglaise du High Weald en hiver © French Moments
La forêt anglaise regagne-t-elle du terrain ?
La réponse est oui, mais lentement.
Comme nous l'avons déjà évoqué, la couverture forestière de l’Angleterre est passée d’environ 5,2 % en 1905 à un peu plus de 10 % aujourd’hui. Elle a donc pratiquement doublé en un siècle.
Les données provisoires indiquent qu’environ 13 000 hectares de nouveaux bois ont été créés au Royaume-Uni pendant l’année 2025-2026. La superficie forestière britannique atteint désormais près de 3,3 millions d’hectares.
Cette progression reste cependant modeste par rapport à celle observée en France.

Brede High Woods © French Moments
Il faut aussi se méfier d’une équation trop simple : planter davantage d’arbres ne suffit pas nécessairement à recréer une forêt riche et équilibrée.
Une plantation composée d’une seule essence, avec des arbres du même âge alignés en rangs serrés, peut produire du bois et stocker du carbone. Elle ne possède pourtant pas la complexité d’un bois ancien comprenant différentes générations d’arbres, du bois mort, des clairières et des sols restés intacts pendant des siècles.
L’endroit où l’on plante compte également. Une prairie ancienne, une tourbière ou une lande peuvent posséder une grande valeur écologique sans être couvertes d’arbres. Les transformer systématiquement en forêt ne serait donc pas toujours une bonne idée.
Le défi ne consiste pas simplement à planter le plus grand nombre possible de jeunes arbres. Il faut créer les bons bois, au bon endroit, avec des essences adaptées, puis leur laisser le temps de devenir de véritables écosystèmes.

Dans la forêt anglaise du West Sussex au mois de mai © French Moments
Quel avenir pour la forêt anglaise ?
La forêt anglaise occupe aujourd’hui une place assez paradoxale.
Elle couvre une faible partie du territoire, mais elle est profondément présente dans l’histoire, la littérature et l’imaginaire du pays. De Robin des Bois à Winnie l’Ourson, en passant par les forêts royales et les grands chênes des domaines aristocratiques, les bois anglais semblent culturellement beaucoup plus vastes qu’ils ne le sont réellement.
Ils sont également très appréciés pour les loisirs. Les Anglais viennent y marcher, courir, faire du vélo, promener leur chien ou simplement échapper quelque temps aux villes et aux routes.

Dans la forêt anglaise de Wilderness Wood (East Sussex) © French Moments
Pourtant, malgré un siècle de plantations, le Royaume-Uni demeure fortement dépendant du bois étranger. En 2023, il était encore le deuxième plus grand importateur net de produits forestiers au monde.
L’avenir de la forêt anglaise devra donc concilier plusieurs besoins : produire davantage de bois, préserver les bois anciens, restaurer la biodiversité, résister aux maladies et au réchauffement climatique, tout en offrant des espaces accessibles à une population nombreuse.
Ce ne sera pas simple.
Pour ma part, je suis surtout rassuré d’avoir découvert une Angleterre beaucoup plus boisée que celle que j’avais imaginée avant de m’y installer.

Début mai - Jacinthes dans le bois © French Moments
Certes, les grandes forêts de l’est de la France me manquent parfois. Ici, les massifs sont souvent plus petits, plus fragmentés et plus intimement mêlés aux champs et aux villages.
Mais lorsqu’un chemin s’enfonce sous les chênes du Sussex, que les fougères recouvrent les talus et que la lumière filtre entre les feuilles, je retrouve quelque chose de familier.
Puis, je pose le pied dans une flaque de boue dont j’avais mal évalué la profondeur.
Et je me souviens que je suis bien en Angleterre.

Un chemin à travers les bluebells © French Moments

